Tapez « se débarrasser des souris » et le bicarbonate arrive dans les premiers résultats. Des centaines de pages recopient la même recette. Regardons ce qu'elle vaut.
La théorie qu'on lit partout
L'idée : les rongeurs ne peuvent pas régurgiter ; le bicarbonate mélangé à un aliment sucré produirait du gaz dans l'estomac, qui finirait par le rompre.
Pourquoi ça ne tient pas
Une souris ne mange pas de bicarbonate. C'est amer et sans intérêt nutritionnel. Il faut donc le masquer dans du sucre ou du chocolat — et une souris trie très bien sa nourriture. Elle en laissera la plus grande partie.
Les quantités ne collent pas. Pour espérer un effet, il faudrait qu'un animal de vingt grammes en avale une dose considérable en une seule fois. Ce n'est pas ce qui se passe.
Et surtout : c'est du poison lent, avec les inconvénients du poison. Dans le meilleur des cas pour cette méthode, vous obtenez un animal souffrant qui va se cacher pour mourir — dans une cloison, sous un plancher. Vous ne le trouverez pas ; vous le sentirez.
Ce qui marche à la place
Le bicarbonate a une vraie utilité contre les souris, mais pas celle-là : il désodorise. Or les rongeurs se déplacent en suivant des pistes odorantes. Nettoyer à fond les zones de passage efface ces repères — ça, c'est utile.
Pour le reste, la méthode qui donne des résultats reste la même : fermer les accès à la laine d'acier, ranger toute la nourriture en bocaux, et rendre la pièce désagréable avec un répulsif.